Double vision - Le vu et le cru
Ce que l’on croit n’est pas ce que l’on voit, ce que l’on voit n’est pas ce que l’on croit - La collection de Werner Nekes
Date:
29.05.2009 au 20.06.2009, 10h00-19h
Lieu:
Passage de Retz, 9, rue Charlot, 75003 Paris
Partenaires:
Passage de Retz
Werner Nekes« ... Il est rare de voir dans une exposition autant de visages, jeunes ou vieux, aussi ébahis, étonnés, amusés et curieux que dans celle, fort amusante, qui présente les «machines à voir et les mondes imagés » issus de la collection de Werner Nekes, cinéaste vivant à Mülheim an der Ruhr.Des centaines d’appareils, d’automates, d’instruments, d’installations historiques auxquels il faut ajouter des eaux fortes, des aquarelles, des photographies et des films présentent, dans un ordre chronologique et d’une manière quasi encyclopédique, un inépuisable arsenal de suggestions optiques. Cette exposition propose à foison tout ce qu’il faut pour mettre en scène le vrai et l’illusion, la prétendue profondeur de l’espace et la simulation du mouvement dans le temps. Cette galerie est l’illustration parfaite de l’animation visuelle, du jeu d’ombres japonais du deuxième siècle avant Jésus Christ au « scopitone », l'équivalent pour le film du jukebox, invention mise au point dans les années cinquante par la firme française Cameca, un véritable gouffre à monnaie pour le cinéma.L’exposition est aussi populaire que scientifiquement fondée. On assiste ici au mariage parfait du plaisir de voir et de l’appétit d’apprendre. La fascination exercée par cette perception manipulée réside toujours dans le fait que l’on sait fort bien être face à une illusion, mais aussi dans le fait de constater avec quelle facilité et avec quelle simplicité de moyens l’oeil se laisse convaincre par tous ces faits « erronés » – qu’il s’agisse du démon ouvrant tout grand sa gueule, ou de la bulle de savon qui monte au ciel sur le stroboscope du 19e siècle.Les diverses variantes des « anamorphoses » dont l’origine remonte à Léonard de Vinci, y occupent beaucoup de place. Le baroque et le rococo en feront un jeu de société et affineront les techniques de l’illusion en recourant à des billes métalliques polies dans lesquelles le sujet, aussi plat qu’une crêpe sur une feuille de papier, se reflète d’une manière plus vraie que nature. Trèfle, équilibristes ou couple faisant l’amour. L’architecture baroque se délectait des corridors voûtés allant en se rétrécissant afin de donner l’illusion de la longueur et de la profondeur ».Georg Imdahl à propos de la collection Werner NekesIl a été procédé, au sein des riches collections de Werner Nekes, à un choix d’oeuvres présentées parallèlement à l'exposition au Grand Palais « La double image, d'Archimboldo à Dali » (commissariat Jean-Hubert Martin).